Six leçons de vies inspirées de films disney


Nous avons eu la chance d’être invitées par Disney France au salon Elle active qui se tenait à Paris le week-end dernier. Nous avons ainsi pu assister à une conférence de Marianne Chaillan, professeure de philosophie, chroniqueuse et auteure du livre Ils vécurent philosophe et firent beaucoup d’heureux.

Dans le but d’aider les nouvelles générations de petites filles à prendre confiance en elle et à développer leur talent pour réaliser leur rêve, l’ambassadrice des valeurs transmises par les onzes princesses Disney nous a montré comment tirer des leçons de six personnages féminins tirés de films disney. C’est donc avec un regard de philosophe que Marianne Chaillan nous propose de nous intéresser à six personnages, qui ne sont étonnamment pas tous des gentilles petites filles, mais bel et bien un mélange de Princesses et de Méchantes Disney.

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La première leçon nous vient de l’héroïne Pocahantas. Inspirée de la célèbre chanson « L’air du vent », Mme Chaillan nous a fait remarquer les relations entre les protagonistes dans ce film, et notamment entre Pocahantas et John Smith qui soulèvent toute une réflexion sur la différence et l’acceptation de l’altérité.

Nous avons ensuite vu l’importance de maîtriser ses passions avec La Reine des Neiges. Anna n’est plus en mesure de raisonner suite à son coup de foudre pour Hans : elle est éblouie et ne voit plus les défauts de l’être aimé transfiguré. Toutes ses souffrances sont causées par son envie de tomber amoureuse. En effet, son désir de connaître l’amour la pousse à s’imaginer des sentiments pour un homme qu’elle rencontre à peine. Anna est amoureuse de l’idée d’aimer. Elsa est alors la voix raisonnable qui rappelle à sa sœur qu’elle n’est pas vraiment amoureuse, mais qu’elle est sous l’emprise de ses désirs. Le comportement d’Anna se veut l’illustration de l’importance de contrôler ses désirs afin de ne pas tomber sous l’emprise de ceux-ci.

Passons désormais à une Méchante Disney, pour apprendre à ne pas souffrir de ce qu’autrui nous a fait subir, avec Maléfique. Dans le film qui lui est consacré, on découvre une Maléfique envahie par une « passion triste » suite à la séparation de ses ailes volées par Stephane. Elle est alors torturée par une double peine, tant physique que psychologique due à la trahison de son ami. Elle est d’autant plus peinée de penser qu’il a voulu délibérément lui faire du mal personnellement. Pour se libérer de cette souffrance morale, Maléfique devrait comprendre que Stephane n’a pas agit contre elle dans le but de lui faire du mal, mais qu’il a été pris dans un réseau de causes. Cette morale nous enseigne à mieux encaisser la trahison d’un proche.

Une des plus grandes, mais pourtant très classique, leçon de vie de cette analyse me semble être celle de Mère Gothel, la mère adoptive de Raiponce. Elle nous confronte à une de nos peurs les plus anciennes : la crainte de la mort. Son parcours voudrait démontrer l’importance d’accepter notre mort pour mieux vivre. Selon Heidegger, la mort est un tremplin, une étape inéluctable et nécessaire de notre vie puisque c’est parce que nous avons conscience de notre finitude que nous apprécions ce que nous vivons. Dans Raiponce, Mère Gothel aura certes vécu longtemps, mais ce temps ne lui a servit à rien puisqu’il a été gaspillé  à chercher un moyen de rester jeune, alors qu’elle aurait pu survivre moins longtemps mais être heureuse et faire autre chose que chercher à échapper à la mort.

La téméraire Juddy Hopps nous montre ensuite l’importance de croire en ses rêves. Cette lapine destinée à devenir éleveuse de carottes illustre l’opportunité pour chacun de choisir son destin. Nous sommes tous confrontés à de nombreux paramètres, dus à notre environnement d’origine, notre caractère etc. Cependant, c’est à nous d’apprendre à faire une force de nos obstacles pour faire ce qui nous plait réellement. La chanson « Try » représente la morale de ce film : on n’existe pas tant qu’on n’a pas essayé de se définir soi-même, et le plus grand des échecs dans la vie est de ne pas essayer.

Pour finir, Ariel nous apprend à apprécier le réel. Elle reconnait qu’elle a tout ce qu’il lui faut, mais elle rêve tout de même de changer son destin, tout comme Juddy Hopps. Mais à l’inverse de celle-ci, ses rêves ne sont pas fondés sur un environnement concret, mais sur une utopie fantasmée grâce à ses découvertes. Ariel pense trouver le bonheur sur la terre. Or cette croyance utopique, par nature, l’empêche d’être heureuse là où elle est. Marianne Chaillan rapproche l’attitude d’Ariel du Bovarysme : l’incapacité à se satisfaire d’un réel qui parait déficient au regard d’un imaginaire merveilleux que l’on s’est construit. Sebastien oppose aux fantasmes d’Ariel une pensée bien plus raisonnable, en lui expliquant qu’il faut apprendre à apprécier ce que l’on a.

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Nous souhaitons remercier vivement Disney France, Elle et Marianne Chaillan pour cette conférence très inspirante et pour leur engagement en faveur de l’empowerment des femmes.

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